L'action et la
présence du Saint Esprit
Dans les l'épitre aux Ephésiens
Ayant cru, vous avez été scellés
Dans cette épître, l’apôtre
s’adresse
principalement à des croyants d’entre les nations,
qu’il appelle plusieurs fois
«vous» en contraste avec les Juifs qu’il
désigne par «nous» (cf. 2. 1-3,
11-13). Les premiers étaient «autrefois loin»,
«étrangers aux alliances de la
promesse», «sans Dieu». Mais ils avaient
été «approchés par le sang du Christ»
et introduits dans la plénitude des bénédictions
du christianisme.
Les croyants juifs avaient «espéré à l’avance dans
le Christ», grâce aux promesses de l’Ancien Testament (1. 12). Lors de la
prédication de l’évangile, des gens des nations avaient cru en Jésus et avaient
mis en lui leur espérance. L’apôtre leur dit ici : «en qui vous aussi
vous avez espéré, ayant entendu la parole de la vérité, l’évangile de votre
salut ; auquel aussi ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de
la promesse, qui est les arrhes de notre héritage» (1. 13, 14). Le début du
livre des Actes nous a montré comment les croyants, qui étaient pratiquement
tous des Juifs, avaient reçu le Saint Esprit au commencement. Nous voyons ici
que ceux qui croient ultérieurement sont rendus participants de cette
bénédiction. «Ayant cru, vous avez été scellés». Dieu met son sceau, sa
marque de propriété, sur ceux qui croient en Jésus. Ceci est vrai pour toute la
période de l’Eglise.
De même que dans la 2ème épître aux Corinthiens,
l’Esprit est ici aussi considéré comme les arrhes de la pleine bénédiction à
venir, «les arrhes de notre héritage».
Accès auprès du Père
Le Seigneur Jésus est venu ; il a proclamé
«la bonne nouvelle de la paix» aussi bien à ceux qui étaient loin qu’à ceux qui
étaient près (aussi bien aux nations qu’aux Juifs) et maintenant, «par
lui nous avons, les uns et les autres, accès auprès du Père par un seul Esprit»
(2. 18). Tout ceci est en
contraste avec l’ancien état de choses. Les
nations ne connaissaient pas le vrai Dieu. Les Juifs, bien
qu’ayant au milieu
d’eux un tabernacle ou un temple qui était la demeure de
Dieu, n’avaient pas
libre accès jusqu’à lui et ne le connaissaient pas
comme Père. Maintenant,
l’accès est entièrement ouvert jusqu’à
Dieu révélé comme Père. Christ a
accompli l’oeuvre nécessaire pour cela. Et l’Esprit
qui demeure en nous, par
lequel nous avons conscience de notre relation avec notre Père
et de son amour
pour nous, nous donne la capacité et la liberté de nous
approcher de Dieu.
Une habitation de Dieu par l’Esprit
Il y avait autrefois en Israël une maison de Dieu,
mais les nations n’étaient que des «étrangers» qui devaient s’en tenir
éloignés, et les Juifs eux-mêmes, s’ils n’étaient pas sacrificateurs ou
lévites, n’y avaient pas accès. Mais maintenant, dit l’apôtre aux Ephésiens,
«vous êtes concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu» (2. 19). Il ne
s’agit plus d’une maison matérielle, mais d’une maison spirituelle. Les
croyants eux-mêmes en sont les pierres, les «pierres vivantes» (1 Pierre 2. 5).
Et ainsi, «vous êtes édifies ensemble, pour être une habitation de Dieu par
l’Esprit» (2. 22).
En 1 Corinthiens 3, ainsi que nous l’avons
vu, les croyants collectivement constituent «le temple de Dieu» et «l’Esprit de
Dieu habite» en eux. Dans ce passage-là, les hommes apportent leur contribution
à l’édifice, et il se peut qu’ils apportent de mauvais matériaux que le feu
consumera. Par contre, en Ephésiens 2, il n’est pas question de la faiblesse ou
des manquements des ouvriers. C’est l’oeuvre divine. Il s’agit d’un «temple
saint» et il est «bien ajusté ensemble». Au verset 21, il est considéré comme
en croissance, et au verset 22 comme une maison dans laquelle Dieu habite par
son Esprit.
Il est nécessaire de bien distinguer deux aspects
des choses. D’une part il y a ce qui est l’oeuvre de Dieu, et qui subsiste en
dépit de la faillite de l’homme. L’assemblée est la maison dans laquelle Dieu
habite. C’est à cela que notre foi s’attache, et c’est ce qui doit gouverner
notre comportement. D’autre part il y a ce qui dépend de notre responsabilité.
A cet égard, gardons-nous d’une prétention quelconque. Nous avons vu en 1
Corinthiens 14 que c’est à certaines conditions seulement que ceux qui entrent
dans l’assemblée réunie peuvent donner gloire à Dieu en constatant qu’il est
véritablement là.
Fortifiés par l’Esprit quant à l’homme intérieur
Le premier chapitre de l’épître, depuis le verset
16, contient une prière de l’apôtre en faveur des croyants. Le chapitre 3 en
contient une seconde, à partir du verset 14. Il demande à Dieu de leur donner «d’être
fortifiés en puissance par son Esprit, quant a l’homme intérieur ; de
sorte que le Christ habite, par la foi, dans leurs coeurs» (v. 16, 17).
Nous avons ici une description de l’opération
puissante de l’Esprit dans le coeur du croyant. Non seulement l’Esprit habite
en lui et peut se manifester dans ses actes ou dans ses paroles, mais il forme
le coeur de celui dans lequel il habite. Et le fait que l’apôtre prie pour
qu’il en soit ainsi nous montre qu’il ne s’agit pas d’une chose automatiquement
réalisée pour chaque croyant. Cette formation dépend aussi de nous, de notre
état spirituel et moral, et de la manière dont nous laissons l’Esprit faire son
oeuvre en nous. Elle se fera dans la mesure où nous serons habituellement remplis
de l’Esprit.
Il en est de même de ce qui est ajouté
immédiatement ensuite: «de sorte que le Christ habite, par la foi, dans vos
coeurs». L’habitation du Saint Esprit dans un croyant est une chose vraie
depuis le jour où, ayant cru, il a été scellé. Mais ce croyant peut être, ou ne
pas être, dans un état pratique caractérisé par la libre action de l’Esprit en
lui. Si c’est le cas, il est «rempli de l’Esprit». Et c’est alors seulement
qu’on peut véritablement dire que Christ habite dans son coeur. Cette
habitation-là est un état pratique. Christ remplit le coeur, il est le centre
des pensées et des affections, et une transformation de l’être moral du croyant
à l’image de Christ s’opère, par la puissance du Saint Esprit (cf. 2 Corinthiens
3. 18). Lorsqu’il en est ainsi, Dieu peut voir dans ses enfants quelques
caractères de son Fils bien-aimé.
L’unité de l’Esprit
Au début du chapitre 4, l’apôtre adresse des
exhortations aux croyants en ce qui concerne leur vie collective. Il leur dit
notamment : «Vous appliquant a garder l’unité de l’Esprit par le lien
de la paix» (v. 3). Il ne s’agit pas de garder l’unité du corps ;
celle-ci existe en raison du travail de Dieu lui-même, et elle est à l’abri de
tout dommage. Ce à quoi nous sommes exhortés ici, c’est à garder une unité
pratique, une unité de pensée résultant du fait d’avoir tous la pensée de
Christ. L’Esprit, qui forme nos pensées, peut seul réaliser cela. Cette unité
est gardée «par le lien de la paix».
Combien facilement nos pensées personnelles, notre
manque d’amour et de support pour nos frères et soeurs, notre dureté, notre
orgueil caché ou apparent, la recherche de nos intérêts personnels ou de notre
propre gloire, amènent des divergences et des dissensions entre nous !
C’est pourquoi l’apôtre nous exhorte instamment à marcher «avec toute humilité
et douceur, avec longanimité, nous supportant l’un l’autre dans l’amour» (v.
2). Ne passons pas légèrement sur cela.
N’attristez pas le Saint Esprit de Dieu
L’apôtre revient ici à un enseignement qui nous
concerne individuellement. «Et n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, par
lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption» (4. 30).
Il nous rappelle que le Saint Esprit en nous est le sceau de Dieu, sa marque,
en vue du jour de la rédemption. Notre rédemption a été acquise par le sang de
Christ (1. 7). Le jour de la rédemption, c’est le jour de notre délivrance
finale, à la venue du Seigneur, lorsque nos corps seront transformés à la
ressemblance du sien (cf. Romains 8. 23).
Nous apprenons ici une vérité solennelle : c’est
que nos manquements attristent le Saint Esprit qui est en nous. Nous en serons nous-mêmes attristés, à moins que nous ne soyons dans
un grave état d’égarement, ayant perdu toute communion avec le Seigneur. Si nous avons manqué, la tristesse est bien de
saison. Et «la tristesse qui est selon Dieu opère une
repentance à salut dont on n’a pas de regret» (2 Corinthiens 7. 10).
Est-il besoin de souligner le fait que nos
manquements, si humiliants soient-ils, n’amènent pas le Saint Esprit à se
retirer de nous ? Le passage que nous avons sous les yeux, tout en nous
disant que le Saint Esprit est attristé par nos fautes, nous rappelle qu’il est
la marque indélébile que Dieu a apposée sur nous en vue de notre délivrance
finale, en vue de ce jour glorieux où il n’y aura plus de manquements.
Soyez remplis de l’Esprit
Les exhortations pratiques générales des chapitres
4 et 5 se concluent par celle-ci : «Ne vous enivrez pas de vin, en quoi
il y a de la dissolution ; mais soyez remplis de l’Esprit» (5. 18).
Le contraste est frappant. Si le vin peut gouverner le comportement d’un homme
et le mettre hors de lui-même, à sa honte, le croyant doit cultiver une autre
source de pensées et d’actions, d’origine divine, et qui porte l’empreinte de
la sagesse et du sobre bon sens. Il vaut la peine de remarquer la liaison entre
ce verset et ceux qui précèdent. L’action du Saint Esprit va de pair avec
l’intelligence spirituelle qui amène le croyant à comprendre quelle est la
volonté du Seigneur.
La parole de Dieu, l’épée de l’Esprit
Le chapitre 6 nous engage à nous revêtir de
l’armure complète de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les artifices du
diable. Après nous avoir indiqué quelles sont les pièces de cette armure qui
servent à nous protéger, cuirasse, bouclier, casque, l’apôtre nous dit :
«Prenez..., l’épée de l’Esprit, qui est la parole
de Dieu» (v. 17). L’Esprit qui demeure en nous ne nous conduit jamais à
utiliser des armes charnelles, telles la violence, la ruse, l’habileté ou le
raisonnement. Non, «les armes de notre guerre ne sont pas chamelles, mais
puissantes par Dieu pour la destruction des forteresses, détruisant les
raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu» (2
Corinthiens 10. 4, 5). Evitons soigneusement d’utiliser les mêmes armes
que les ennemis de Christ, et utilisons cette épée de l’Esprit avec foi et
simplicité. La parole de Dieu a sa propre puissance en elle-même. Citée avec
discernement et à propos, elle produira ses résultats dans les coeurs.
La prière par l’Esprit
L’apôtre ajoute : «priant par toutes sortes
de prières et de supplications, en tout temps, par l’Esprit, et veillant à
cela avec toute persévérance» (6, 18). Aucun passage de l’Ecriture ne nous
engage à adresser une prière au Saint Esprit. Par contre, l’Esprit nous aide à
discerner nos besoins, ou les besoins de ceux qui nous entourent, et à les
exprimer dans nos prières à Dieu ou au Seigneur Jésus. S’il s’agit de la prière
en assemblée, il est nécessaire qu’elle soit «avec l’esprit» et «avec
l’intelligence» (1 Corinthiens 14. 15), afin que ceux qui écoutent
puissent comprendre ce qui est dit et ajouter leur «Amen». S’il s’agit de la
prière dans le particulier, la grâce de Dieu vient au-devant de notre plus
extrême faiblesse ; l’Esprit nous est en aide, même quand nous ne savons
pas demander comme il convient (Romains 8. 26, 27).
Jude parle aussi de la prière par le Saint Esprit
(v. 20), et l’épître aux Philippiens, de rendre culte par l’Esprit (3.
3).
Extrait du «Messager Evangélique janvier 2007»