STABLE OU IMMOBILE ?

Personne n’est indifférent aux événements que nous vivons actuellement. Ils font ressortir que notre époque connaît une période de bouleversements considérables dans les sphères politique, sociale, morale et religieuse.

Un constat sévère

De nouvelles frontières sont apparues et la carte des nations a dû être plusieurs fois redessinée. Il y a quelques années un grand système politique est tombé en totale faillite et maintenant le terrorisme défie ouvertement les plus grandes puissances. La porte est ainsi ouverte à l’anarchie à laquelle succédera un jour une dictature plus absolue que celles qu’a connues l’humanité jusqu’à aujourd’hui, lorsque le Seigneur sera venu chercher les siens (2 Thessaloniciens 2. 7-12 ; Apocalypse 13).

Dans le domaine social, les révolutions ne sont pas moins importantes mais plus insidieuses. Le rôle et la structure de la famille se sont modifiés. Aux yeux de la loi, le mari n’a plus le rôle de chef de famille comme Dieu l’avait ordonné. L’épouse ne comprend souvent plus sa fonction de complémentarité, une source de réel enrichissement et de stabilité comme la Parole de Dieu l’enseigne. Le monde croit comme étant un fait naturel et acquit à l’égalité de fonction entre hommes et femmes alors que chaque sexe a des tâches et des responsabilités bien distinctes dans le couple, la société et l’église. Les rôles respectifs et éducatifs du père et de la mère sont souvent discrédités et celui de l’épouse "à la maison" peu considéré, malgré sa valeur et son importance si bien décrits dans Proverbes 31.

Dans la sphère morale, les mœurs sont de plus en plus laxistes. La pornographie est partout présente. Plusieurs déviations sexuelles ne sont plus condamnées. Nos lois, souvent basées à l’origine sur des principes divins ou du moins faisant appel à la conscience universelle (Romains 2. 14-15), s’adaptent lentement et sûrement à une situation qui semble irréversible. On veut décriminaliser l’avortement. Le divorce est banalisé. La société encourage même les relations sexuelles illicites.

Dans le domaine religieux en général et même dans un certain monde dit christianisé, le syncrétisme (c’est-à-dire la fusion de plusieurs systèmes religieux) est à la mode. Tout est valable, pourvu qu’on soit sincère. La notion de bien et de mal s’estompe dans un jugement relatif où tout dépend des influences que l’on a reçues et du point de vue où l’on se place. Rappelons que la Parole de Dieu nous montre l’insuffisance de la sincérité. Elle doit être alliée à la vérité (1 Corinthiens 5. 8). En outre, l’individu est au centre des démarches religieuses dans le désir d’établir une société meilleure. Il veut se réaliser, se dépasser, s’améliorer par lui-même. Pure utopie (Jean 14. 30).

Plongé dans une telle atmosphère, comment l’enfant de Dieu va-t-il réagir ou plutôt agir ?

Deux pièges à éviter

Remarquons d’emblée que le croyant peut être facilement victime de deux pièges.

Le premier consiste à vouloir être "moderne" à tout prix, à s’adapter dans le souci de ne pas se singulariser. Il faut bien vivre avec son temps. Les vérités fondamentales de la Parole de Dieu sont relativisées. La foi devient davantage une religion d’expériences personnelles qu’une conviction intérieure basée sur la Parole de Dieu (Hébreux 1. 1). Dans certains milieux, prophéties et révélations abondent. Mais prenons garde : un "Dieu a dit" peut être rapidement transformé par l’Ennemi en un "Quoi, Dieu a dit ?" comme au commencement (Genèse 3. 1-5). De plus, sous l’influence de l’agitation effrénée du monde, une seine activité spirituelle peut se transformer en un activisme dangereux.

L’autre piège est l’immobilisme. Pour éviter d’être influencé par le monde et ses changements constants, grande est la tentation de revenir à une religion de tradition où tout est codifié comme chez les Pharisiens (Matthieu 23. 23 ; Marc 7. 4). La vie spirituelle se fige. L’église locale s’immobilise en refusant d’examiner les questions en fonction de situations nouvelles. Elle croit être ferme alors qu’elle n’est que statique. Cette attitude, essentiellement négative, aboutit à la paralysie. L’unité du corps de Christ, pleinement réalisée dans l’expression de la diversité des dons (1 Corinthiens 12), devient alors uniformité.

Ces deux tendances mènent, hélas, au même résultat. L’une consiste à construire avec des matériaux périssables qui seront détruits par le feu du jugement de Dieu (1 Corinthiens 3. 12-15), l’autre ne produit aucune croissance. Dans un cas comme dans l’autre, il ne reste rien.

Comment agir ?

Comment donc agir d’une manière spirituelle ? La Parole de Dieu n’enseigne jamais l’immobilisme. Elle le condamne sévèrement (Jacques 4. 17 ; Matthieu 25. 24-30). Par contre, la Bible nous demande d’être stable et ferme, de construire sur le roc (Matthieu 7. 24-27). Il faut redécouvrir pour soi-même les paroles du Seigneur, les faire siennes et construire avec des matériaux solides qui résisteront à l’épreuve du temps et des circonstances. Nous ne pouvons vivre d’une foi toute faite. Il n’existe pas de maison "clé en main". Le croyant fidèle doit connaître les paroles du Seigneur et les mettre en pratique. Comme Timothée, il doit demeurer dans les choses apprises, étant pleinement convaincu et sachant de qui il les a apprises (2 Timothée 3. 14). La Parole de Dieu est immuable. Telle est aussi la vérité. Notre foi doit être fondée sur des certitudes (Colossiens 2. 2) et une conviction intérieure que seul peut donner l’Esprit de Dieu (Hébreux 11. 1). Moïse tint ferme, comme voyant celui qui est invisible (Hébreux 11. 27). Arrivé tout à la fin de sa vie, l’apôtre Pierre met en garde les croyants de ne pas déchoir de leur propre fermeté en étant entraînés par l’erreur des pervers. Il les exhorte à croître dans la grâce et la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus Christ (2 Pierre 3. 17-18).

Le croyant n’a pas à changer quant aux vérités de la Parole mais il doit adapter ses méthodes de communication pour être compréhensible par ceux auxquels il veut témoigner. Paul est devenu toutes choses pour tous (1 Corinthiens 9. 22). Cette fermeté quant à soi-même n’est pas de l’obstination. Dans notre témoignage, elle doit s’exprimer dans l’humilité. Elle n’est que dureté dans un esprit de supériorité. Plutôt que de défendre des intérêts personnels et des opinions particulières, le vrai croyant voit le bien de l’ensemble (Philippiens 2. 1-4).

Le Seigneur a donné des talents à chaque serviteur (Matthieu 25. 14-30). A nous de les faire fructifier durant l’absence du Maître. Celui qui avait enterré son talent et ne l’avait même pas mis à la banque pour qu’il rapporte au moins quelque intérêt, a été condamné. Il avait choisi l’immobilisme. Combien il est encourageant d’entendre l’exhortation de Paul à ses chers frères corinthiens : « Mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, abondant toujours dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n’est pas vain dans le Seigneur » (1 Corinthiens 15. 58). Ainsi être ferme, inébranlable, n’est jamais opposé au travail pour le Seigneur.

Conclusion

Etre stable, oui, mais jamais immobile ! Etre ferme, certes, mais jamais statique !

Adapté de la "Feuille aux jeunes"



 
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